Compétences émotionnelles pour un meilleur leadership

roch-marinier
Publié par : Roch Marinier

28octobre
2014

Selon Salovey et Mayer, l’intelligence émotionnelle est une forme d’intelligence qui suppose la capacité à contrôler ses sentiments et émotions et ceux des autres, à faire la distinction entre eux et à utiliser cette information pour orienter ses pensées et ses gestes.

Qu’il s’agisse de transactions avec des clients internes ou externes, de communications interpersonnelles avec des collègues ou de la relation entre un gestionnaire et un employé, les émotions font partie intégrante du paysage quotidien en milieu de travail. La négation de tout ce qui est à caractère émotif nous a privés d’une partie importante de la réalité des individus au travail. Depuis quelques années, grâce à la littérature autant qu’à la recherche, les émotions ont maintenant droit de cité dans le milieu de travail.

L’objectif de l’étude de Goleman était de préciser quelles sont les caractéristiques de l’individu considéré comme compétent, en dehors de l’expertise de son domaine d’activité professionnelle et de son quotient intellectuel. Il avait déjà affirmé que les personnes qui réussissent dans la vie et donc au travail ne sont pas nécessairement les personnes qui ont le plus de quotient intellectuel ou qui ont le plus d’expertise. Si on exclut les habiletés de base comme lire, écrire et compter, ce que recherchent les entreprises est avant tout orienté sur les capacités relationnelles. Dans ces cas, le quotient intellectuel ne sert plus de référence pour établir un pronostic fiable face à ces compétences.

Nous pouvons donc faire un parallèle avec les deux formes d’intelligence qui nous caractérisent. L’intelligence rationnelle mesurée par le quotient intellectuel (QI) et l’intelligence émotionnelle mesurée par le quotient émotionnel (QE). On a longtemps considéré que la première était le meilleur prédicteur de la réussite professionnelle. Une bonne manipulation de l’abstraction et une capacité de raisonnement logique semblaient à eux seuls selon les tests développés par Alfred Binet, prédisposer au succès. Cette notion faisant de moins en moins l’unanimité et Goleman préféra l’intelligence émotionnelle qui est une bonne combinaison du rationnel et de l’émotionnel. C’est dans cette configuration qu’un individu trouverait les conditions de son épanouissement.

La définition :
Les définitions de l’intelligence émotionnelle issues de chaque modèle sont complexes et formulées pour la recherche. Au quotidien, elles ne sont pas très pratiques. Nous nous sommes inspirés de celle utilisée par Hendrie Weisinger (1998) pour formuler la nôtre chez COSE:

UTILISATION VOLONTAIRE DE NOS ÉMOTIONS POUR GUIDER NOS COMPORTEMENTS ET DÉVELOPPER NOS RELATIONS INTERPERSONNELLES

Le mot volontaire est le mot clé de cette définition. Il rejoint la notion d’habileté mentale propre à la définition du mot intelligence. En effet, il s’agit de diriger nos émo¬tions plutôt que d’être dirigé par elles.

Les capacités :
L’intelligence émotionnelle se mesure par le quotient émotionnel (QE) et peut se définir par:
1-La conscience de soi
2-La maîtrise de ses émotions et de ses impulsions
3-La compréhension des émotions d’autrui et la façon d’y réagir
4-L’affirmation de soi

La base de toutes les compétences :
La conscience de soi est à la base de toutes les compétences reliées à l’intelligence émotionnelle. Il ne peut y avoir de maîtrise de soi ni même d’affirmation de soi possible sans la conscience de soi. Ce concept important en psychologie est présent depuis les théories de Freud.

L’intelligence émotionnelle offre des capacités de développement importantes. Pour nous permettre de faire face à toutes les situations énergivores, nous devons sans cesse être en mesure d’alimenter notre conscience. Les recherches récentes démontrent le rendement plus élevé de l’intelligence émotionnelle. Les relations interpersonnelles sont au cœur de notre vie. Ce sont leurs qualités qui le plus souvent déterminent notre place dans la société. Combien d’individus, avons-nous connu, incapables de convertir leurs aptitudes en véritable réussite ?

Peut-on l’augmenter ?
L’intelligence émotionnelle peut être développée et entraînée. Elle se développe avec le temps et il est possible de l’améliorer par la formation et le coaching.
Les compétences émotionnelles ne sont pas des talents innés, mais plutôt des capacités apprises qu’il faut développer et perfectionner afin de parvenir à un rendement exceptionnel.
Le rôle des émotions est de signaler les changements – qu’ils soient réels ou imaginaires dans les relations entre un individu et son environnement afin de fournir une réponse efficace.

En conclusion l’intelligence émotionnelle évolue dans le temps selon ma volonté de l’améliorer et par le fait même contribuera à augmenter mon leadership. Le bon leader excelle dans sa tâche fondamentale celle qui consiste à motiver et susciter des émotions positives chez ceux qu’il dirige.

• Goleman, Daniel. (1997). L’Intelligence émotionnelle: Comment transformer ses émotions en intelligence. Paris: R. Laffont, 421 p.