Une vision attrayante de la retraite active

coseAuteur
Publié par : COSE

6septembre
2013

Quand mon père a eu 63 ans au milieu des années 60, la retraite à 65 ans venait d’être établie. Quelle joie il a eu d’apprendre qu’après 50 ans de travail laborieux, il pourrait enfin se reposer avec Marie, sa compagne de toujours. Il ne le savait pas à ce moment-là, mais il ne lui restait à peine que 2 ans pour préparer ses belles années de repos bien mérité.
Son rêve, lui qui avait commencé à travailler à 13 ans comme bûcheron en Abitibi, c’était d’aller voir sur place les épinettes de Colombie (BC Fir). Un arbre dont la tranche était plus haute qu’un homme sur les publicités de godendards. De quoi faire rêver un jeune bûcheron qui sciait des épinettes noires de moins d’un pied de diamètre.
Mais quelle tristesse ai-je ressenti quand, moins de 3 ans plus tard, au moment de partir pour ce merveilleux voyage, la mort l’a redirigé vers un autre grand voyage, sans retour celui-là. Il y avait de quoi être triste, même choqué pour le fils de ce travailleur acharné et assidu qui avait échappé son rêve à la dernière minute. Par contre, il ne fallait pas trop se surprendre puisque, alors, l’espérance de vie d’un travailleur québécois était d’à peine 70 ans.
Cinquante ans plus tard, les choses ont bien changé, avec l’âge de la retraite qui a été abaissé ou qui pour plusieurs a été anticipée, au moment où l’espérance de vie est maintenant portée à 80 ans et plus.
Prenons conscience qu’à 60 ans, la perspective de vie devant soi s’étend maintenant sur une période de :
– 20 ans et plus en assez bonne forme physique pour demeurer actif.
– 30 ans et plus en assez bonne forme intellectuelle et mentale pour vivre heureux.
Ça vaut la peine d’y consacrer quelques heures de réflexion et quelques années de préparation pour apprendre à vivre le mieux possible ce troisième et ce quatrième temps de la vie.
La période de vie que nous appelions le troisième âge il y a 50 ans a été repoussée de 20 ans avec l’augmentation de l’espérance de vie. C’est précisément de cette période de 20 ans de vie active possible, libéré des contraintes de l’âge adulte, qui a fait son apparition, un peu à notre insu et pour laquelle nous ne nous étions pas préparés autrement que financièrement dans la plupart des cas, qui est à repenser dans une perspective différente.
La retraite du travail ne devrait pas provoquer à la retraite du monde actif. Gale Sheehy, l’auteur des Passages de la vie (1976) qui nous a accompagnés dans nos réflexions lors de nos crises des 30 et 40 ans, nous est revenue au tournant du sciècle avec une nouvelle version. Elle parle maintenant du Passage à votre seconde vie adulte (1998) une expression qui remet en contexte toutes les possibilités que l’expression «prendre sa retraite» tend à occulter.
Laisser derrière soi son emploi c’est aussi souvent laisser derrière :
– Ses obligations professionnelles
– Son emploi du temps
– Ses relations interpersonnelles
– Son réseau d’influence
– Son identité
Quelle est l’ampleur du vide à combler?
Comment allez-vous occuper ce temps libre?
Quel est le projet qui va vous permettre de vivre pleinement les 10, 20, 30 prochaines années?
Quels sont vos rêves, vos désirs, vos souhaits, vos possibilités, vos capacités de vivre heureux pendant cette deuxième partie de votre vie adulte?
Un moment de la vie où vous pouvez enfin décider pour vous-même et par vous-même « Ce que je veux être, ce que je veux faire quand je vais être grand »!
Voilà les questions fondamentales auxquelles vous pouvez chercher votre propre réponse pour amorcer une démarche significative et stimulante de «Choisir sa vie… enfin!»

Philippe-André Pelletier, conseiller COSE